Ce n’est pas l’heure d’être paralysés par la peur !

Ce n’est pas l’heure d’être paralysés par la peur !

Dave Brander
21 / 03 / 20

Une invitation cordiale à être sel et lumière en ces temps difficiles

 

N'ayez pas peur !
«Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de force, d'amour et de sagesse» ( 2 Tim. 1,7)

Une peur mortelle s'est emparée de notre société. En cet instant, nous avons besoin de personnes qui ne sont pas infestées… par un esprit de peur. Il ne s'agit en aucun cas de nier la mort ou de banaliser les terribles effets du coronavirus. Mais nous devons voir la situation dans son ensemble. La mort est un ennemi terrible. Mais il est vaincu ! Cette saison pascale est l’occasion d’une nouvelle cérémonie de remise des médailles… spirituelle : qui est vainqueur, déjà ? Sur la croix, Jésus a vaincu toutes les forces de la mort. Le moment est venu de proclamer une fois encore dans l'ombre de la nuit : «Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ?» (1 Cor. 15,55)

Les croyants ne doivent pas avoir peur de la mort - ils ont déjà la mort derrière eux. «Tu es mort et ta vie est cachée avec le Christ, en Dieu» (Col. 3,3). Bien sûr, notre corps mortel disparaîtra un jour. Et bien sûr, nous essayons d'éviter la maladie et la mort, avec des moyens médicaux notamment. Mais il y a une réalité plus profonde : nous sommes déjà morts comme manifesté dans notre baptême. Et Jésus-Christ nous a fait le don d’une nouvelle vie. L'Église du Christ n'a pas à repousser la mort loin, très loin. Elle doit au contraire s’habituer habiter une dimension plus grande et pleine d'espoir, celle de la résurrection, concrètement, à y croire et à le faire savoir.

Gardons donc les yeux fermement fixés sur le Dieu souverain. Cette attitude ne nous conduira pas à de coupables négligences – donc continuez à vous laver les mains – mais à une saine hardiesse. Voilà ce dont la société a besoin de nos jours !

 

Pas paralysé !
«Debout, resplendis ! Elle est venue, ta lumière et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.» (Isa. 60,1)

Les cultes sont annulés en Suisse à cause de mesures de confinement. Est-ce la fin de la communion-communauté chrétienne ? Quelque chose en nous devrait se lever et dire : maintenant plus que jamais ! La communauté chrétienne n'est pas la cerise sur le gâteau de la culture occidentale, un produit de luxe ou une décoration dont on se passe en temps de crise parce que ce n’est pas essentiel. Nous sommes le sel et la lumière de la terre ! Il est temps que le Corps du Christ se lève.

Le Corps du Christ a quelque chose à dire sur l'espérance de la résurrection à tout moment. Il ne s'agit pas d'opportunisme, mais d’une vocation qui n’a pas varié depuis deux mille ans (ou presque). Ce n'est pas le moment de rester sans voix et d'attendre fébrilement ce qui pourrait nous tomber dessus. C'est au contraire le moment de parler avec audace de l’espérance qui nous habite. Et il est temps de prier.

 

«Au ciel montent … les accents d'un cœur pieux»
Ces paroles de notre hymne national deviennent d’une actualité brûlante ! En allemand, la formulation est plus prosaïque et directe : «Betet, freier Schweizer, betet !» (Priez, Suisses libres, priez). Lorsque nous chantons ces parole, il y a généralement une ambiance solennelle et patriotique dans l'air. Feux d'artifice, brunchs patriotiques et barbecues, animation pour enfants, concerts folkloriques, soirée rouge et blanche et bal populaire : pour l'instant, il n'y a aucun signe de telles réjouissances dans le pays, nous vivons plutôt «Dans l'orage et la détresse», 3e strophe du cantique suisse qu’on connaît moins bien ! Mais ces paroles sont valables pour nous : Corps du Christ, c'est l'heure de la prière ! Surtout en faveur de notre gouvernement et de toutes les personnes qui occupent des postes à responsabilité. Soutenons-les dans la prière de tout notre cœur.

Et il est temps pour les chrétiens de Suisse de se débarrasser de toute retenue bourgeoise ou bien-pensante, de frapper sur la table et de crier haut et fort «halte !» aux puissances des ténèbres ; de tracer un cordon invisible autour de leur famille, de leur maison, quartier et leur village en proclamant «Jusqu’ici, mais pas plus loin !», revendiquant la victoire du Christ pour eux-mêmes et pour ceux qui les entourent.

Est-ce trop théâtral ? Présomptueux? Non. Notre espoir n'est pas en nous. Nous ne faisons pas non plus confiance à nos prières même bien formulées. Ezri me’im hashem ossé shemayim vha’aretz : notre secours vient du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Je ne sais pas pourquoi ce vilain virus arrive maintenant. Je ne sais pas non plus spécifiquement quelle conjoncture invisible ou spirituelle l'ont provoqué et le porte. Mais ce que je sais avec certitude, c'est : Corps du Christ, il est temps de se lever et d'être le sel et la lumière de ce monde !