Quand Jésus est arrivé en Suisse

Quand Jésus est arrivé en Suisse

Dave Brander
08 / 01 / 20

La Suisse est un pays qui a de vieilles racines chrétiennes. Ces racines remontent à bien avant la Réforme, même bien avant le Pacte fédéral de 1291. Avant même l’existence de l’Etat suisse, une grande partie de la population de ce territoire a été christianisée. Comment la bonne nouvelle de Jésus-Christ est-elle parvenue en Suisse ? 

Les routes sont les artères vitales d’un Etat. Ce sont les voies de commerce et de trafic des voyageurs. Un réseau de routes étroites passant par des cols permettait de franchir le massif des Alpes suisses : c’étaient des voies de communication entre le nord et le sud de l’Europe, d’une importance aussi stratégique que le tunnel du Gotthard à l’époque actuelle. Au haut Moyen Age, le territoire de la Suisse actuelle faisait partie de l’Empire romain et constituait à ce moment-là déjà un nœud routier en Europe. Il est probable que dès les premiers temps de l’expansion du christianisme, des voyageurs chrétiens apportèrent l’Evangile sur le territoire de la Suisse actuelle. 

Premiers martyrs
Selon d’anciennes traditions, des événements dramatiques se déroulèrent vers l’an 280 à Agaune, dans la ville actuelle de Saint-Maurice. Une légion romaine, comprenant plus de 6’000 soldats égyptiens chrétiens, aurait refusé d’obéir à un ordre de l’empereur leur enjoignant de combattre des chrétiens. La légion entière fut alors exécutée pour sa désobéissance. Environ deux siècles plus tard, une abbaye fut fondée en ce lieu de martyre. Cette abbaye eut un rayonnement dans l’Europe entière. Sa spécificité fut qu’on y chanta des psaumes de manière ininterrompue, jour et nuit, pendant plus de 300 ans. Et depuis 1’500 ans, on n’a cessé d’entonner chaque jour des psaumes à Saint-Maurice en Valais. Quel héritage spirituel !Dans le contexte des bouleversements politiques du haut Moyen Age, les nouvelles abbayes constituèrent des havres de paix. L’Empire romain d’Occident, qui comprenait une grande partie de l’Europe, s’écroula lorsque, en plusieurs vagues, des peuplades venues de Est envahirent le continent et y semèrent la destruction et le chaos. Pendant des générations, c’est depuis les abbayes que l’Evangile rayonna parmi la population alentour. Ces lieux de prière furent des foyers pour l’évangélisation et la christianisation de la Suisse. 

Colomban et Gall
La christianisation demanda davantage de temps au nord des Alpes. Il y eut certes quelques assemblées chrétiennes dans les grandes villes, mais la population était encore largement païenne. L’Empire romain d’Occident s’était écroulé depuis longtemps quand les deux moines irlandais Colomban et Gall se mirent en route pour annoncer la bonne nouvelle de Christ dans la vallée du Rhin. Après un séjour prolongé à Bregenz en Autriche, Colomban se rendit au nord de l’Italie, tandis que Gall, malade, s’établit dans une vallée boisée de la Suisse orientale actuelle, y vivant en ermite. Il se rendit fréquemment dans la ville d’Arbon sise au bord du lac de Constance pour y prêcher. Après sa mort, une abbaye et par la suite la ville de Saint-Gall furent fondés à l’endroit de son ermitage. Son activité missionnaire constitua la première pierre qui permit à la population du Nord de la Suisse actuelle d’entendre l’Evangile.

Apprendre de l'histoire

  • La Suisse n’a pas inventé l’Evangile. du Nord de la Suisse. Cela doit nous inciter à l’humilité: nous sommes les héritiers d’une longue tradition de foi. Cela nous engage à transmettre à notre tour la foi en Jésus-Christ – dans notre entourage, dans notre commune, dans la Suisse entière et au-delà de nos frontières. Il y a encore des pays non atteints par l’Evangile.
  • Le rôle de la prière et des maisons de prière est bien sûr primordial. L’abbaye d’Agaune à Saint-Maurice fut dès sa fondation un lieu de prière. Les moines irlandais qui s’établirent au nord-est de la Suisse actuelle furent des hommes de prière. La prière et l’évangélisation allaient main dans la main.
  • La Suisse a une longue histoire spirituelle. Il vaut la peine d’en étudier les origines et de redécouvrir les anciennes sources de bénédiction. Faites des recherches historiques : comment a-t-on appris à connaître Jésus-Christ dans votre village, dans votre ville, dans votre canton ?