Un deuxième Romand au comité central

Un deuxième Romand au comité central

Joël Reymond
20 / 05 / 19

Daniel Kaiser a été rejoint le 3 mai le comité de Prière pour la Suisse. C’est l’occasion de mieux connaître le deuxième Romand de notre direction nationale, habitant la Chaux-de-Fonds, grand-père (deux fois) et ancien missionnaire en Afrique pour les Églises apostoliques.

Daniel, quelques mots sur tes origines…
Je suis un Suisse de l’étranger: j’ai grandi à Bruxelles. De souche réformée, je me suis converti dans un camp de l’église apostolique en Suisse allemande. C’est l’Eglise que j’ai rejointe en 1969 quand je suis revenu vivre au pays pour mes études d’électricien. Ma famille est restée en Belgique. Ensuite, j’ai fait Kolding [centre européen de formation des responsables des églises apostoliques ndlr] puis je suis parti en mission en Afrique en 1983.

Bisch du au’ zwosprächig?
J’ai appris le schwyzertutsch en vacances. Je les passais chez les grands-parents dans le canton de St Gall et dans la rue avec les copains. Je me débrouille toujours, mais mon vocabulaire reste limité.

Qu’est-ce qui t’a conduit à cette responsabilité au sein de Prière pour la Suisse?
C’est assez simple: un ami, m’a déclaré il y a environ deux ans qu’il me verrait bien au comité de Prière pour la Suisse. À l’époque, j’avais contact avec les porteurs de drapeaux mais aucun engagement dans l’organisation. Cette pensée a fait son chemin dans mon cœur, elle a mûri, j’en ai discuté, j’ai prié seul et avec d’autres pour finalement me dire: pourquoi pas? Faisons un essai. Puis cet ami a contacté le comité, lesquels m’ont invité à les rejoindre, j’étais prêt.

Et que comptes-tu amener à notre organisation?
Mon expérience missionnaire en Afrique va, je crois, aider le comité dans la mise en place de la collaboration des ministères. Je vois ma part comme pratique et opérationnelle: amener cet enseignement à la vie, de par ce que le Seigneur fait et de par mon expérience. Au Cameroun, où j’ai travaillé de 1983 à 1992, j’ai structuré le travail parmi la jeunesse au niveau des églises apostoliques dans tout le pays, y compris la partie anglophone; nous avons également ouvert de nouvelles églises dans le Nord. 

Les Églises apostoliques dont tu es issu ont intégré le concept des Cinq ministères, c’est une de leurs forces…
C’est juste. On parle beaucoup de ces cinq ministères et Prière pour la Suisse en a aussi fait un de ses accents. Maintenant, chacun a son idée à ce sujet, chacun se fait son idée. Pour ma part, je ne veux plus être catégorique, en disant: toi, tu es ceci ou cela. Il y a des orientations générales, des profils personnels, certes, mais ayant beaucoup voyagé, j’ai réalisé qu’essayer de classer les personnes les enferme souvent plus que cela ne les libère. En tant que missionnaire, c’est particulier… tu fais tout et le Seigneur bénit tout. Voici ce que j’ai à cœur à Prière pour la Suisse: que les différents ministères ou services  soient quelque chose de concret, de vivant, de libre; que chacun puisse pleinement entrer dans son appel, travailler en team, dans la complémentarité et ainsi amener le ciel sur la terre au travers des oeuvres préparées d’avances pour chacun d’entre nous.

Le fait que tu vives quasiment à la frontière française joue-t-il un rôle dans ta vie de prière et plus généralement, par rapport à Prière pour la Suisse?
C’est vrai, la France est à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau de ma ferme. On traverse le Doubs et hop! «Je t’ai établi comme sentinelle sur ce pays!» – c’est la parole du prophète Ezéchiel. Le Seigneur me l’a adressée personnellement, à plusieurs reprises. Pour moi, ce n’est pas parce que nous sommes dans l’espace Schengen que nous devons laisser la libre circulation dans le monde spirituel: le Seigneur nous a donné un pays, une frontière, des limites donc une responsabilité et une  autorité dans la prière. Pour moi, cela fait aussi partie des oeuvres préparées d’avance...


Tu cites Schengen parce que c’est un sujet d’actualité politique.
Bien sûr, mais je parle avant tout du monde invisible, d’esprits! Comme si je voyais venir le vent de l’autre côté de la frontière. Et je ne suis pas le seul. De nombreuses paroles inspirées ont été relâchées à ce sujet, décrivant une ligne de feux de long de la frontière franco-suisse, le long du Jura. Pour moi, ces feux désignent des sentinelles, des gens qui prient et libèrent l’action de l’Esprit saint.

Que peux-tu nous dire de ta vie de prière personnelle?
Elle est de plus en plus un partage 24h/7, comme si je marche à travers la vie avec une personne, un contact permanent avec différentes intensités suivant les circonstances. L’on parle du quotidien, des choses concrètes où je sais que j’ai besoin de son aide: «aide-moi à déplacer cette poutre», «donne-moi encore une heure sans pluie», etc. Il y a aussi des moments beaucoup plus concentrés ou spécifiques, d’adoration, de contemplation ou d’intercession.

Comment discernes-tu les temps actuels en Suisse? Qu’est-ce qui ressort le plus à tes yeux?
Je pense qu’on vit les derniers temps de l’histoire humaine. La situation économique, sociale et politique est extrêmement précaire – même en Suisse, tout peut être chamboulé. Et le message de Dieu qui ressort, à mes yeux est le suivant: Peuple de Dieu, lève les yeux, et revois tes priorités et reviens à l’essentiel.